lundi 21 mars 2016

C'était la semaine de la langue française

Nous avons donc eu droit à une semaine de la langue française. (Laquelle coïncidait en partie avec le salon du livre de Paris — désormais dénommé Livre Paris…) À n’en pas douter, c’est mieux qu’une journée de la trisomie 21 ou une journée de la courtoisie. Toute une semaine… Dingue. Mais à quoi ça sert ? N’y allons pas par quatre autoroutes : strictement à rien. Nothing, nichts, nada, niente, zavatra ! Les agences de communication, seules, en tirent profit, en l’occurrence du blé, tout comme les crânes d’œuf qui ont jugé bon de rebaptiser le salon du livre de Paris. Sinon, morne plaine… Avez-vous remarqué, mes chères soldates des légions nord-coréennes, un quelconque progrès dans l’utilisation de notre belle langue par Nano-Sarko ou par François le Petit-le Grand Urticant ? La journaliste du site web de L’Obs, quant à elle, rendant compte dans un papier de la précarité des écrivains français, commet une petite dizaine de fautes de grammaire et d’orthographe. Cool.
Mais la palme sera cette fois attribuée à Ségolène Royal. Dans le journal de France 2 du 17 mars, que répond-elle à la journaliste qui l’interroge à propos de l’interdiction des désherbants chimiques reportée du 1er janvier 2016 au 1er janvier 2019 ? Une perle : « Je compte sur les consommateurs pour que l’interdiction effective soit en fait effective dans les faits. »
Et si, plutôt que de dépenser du fric (de l’argent public), pour promouvoir cette connerie abyssale de semaine de la langue française, on partageait ce pactole entre tous les écrivains, en train de crever la gueule ouverte… juste avant d’aller pendre tous les politiques.




« Face à la débâcle, Vernon garde une ligne de conduite : il fait le mec qui ne remarque rien de particulier. Il a contemplé les choses s’affaisser au ralenti, puis l’effondrement s’est accéléré. Mais Vernon n’a cédé ni sur l’indifférence, ni sur l’élégance. »
(Virginie Despentes, Vernon Subutex, 1)

2 commentaires:

  1. Non, non, nous n'avons rien remarqué (la France elle a pas changé)et puis nous ne les* écoutons plus, ils occupent tous les terrains et c'est lassant à force, même le salon du livre! Tout le monde écrit maintenant, trop de livre tue l'écrivain et ça c'est grave! Ce salon c'est le bûcher des vanités, la foire à tout, la foire aux restes. Et puis, nous, soldates coréennes, n'aimons pas ce nouveau nom "LIVRE PARIS" ? On a l'impression qu'on va livrer Paris à quelqu'un qui n'a pas de nom ... La Grande Faucheuse peut-être! N'oublions pas qu'aujourd'hui c'est la journée mondiale de la poésie, alors : "Toi, toi, ma belle andalouse aussi belle que jalouse. Toi ma belle espagnole, quand tu bouges tes épaules ..." Kendji Girac (poète français du XXIe siècle)
    *(Nano Sarko et François le Grand urticant)
    Me prêteras Vernon Subutex ?

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  2. Bravo pour la tribune de la Charte. Je sais bien que ce n'est pas ici qu'il me faut vous en féliciter, mais je ne trouve pas d'endroit plus approprié. J'ai été émue, en vous lisant. Je connais bien sûr la situation de l'intérieur... et confirme que vous avez raison.

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Commentaires